Chers amis du Yoga et d’ailleurs,

Pourquoi les Yogis accordent-ils une telle importance au fait de se mettre la tête en bas ?

Une réponse possible serait parce que le monde « marche sur la tête ». Les Yogis auraient donc trouvé le moyen de remettre le monde à l’endroit.

Dans sa chanson « Pour me rendre à mon bureau » (1945), Jean Boyer concluait ainsi son parcours initiatique dans Paris déjà outragé par la barbarie :

Je vais apprendre demain à me tenir sur les mains
J’irai pas très vite bien sûr mais je n’userai plus de chaussures.
Je verrai le monde de bas en haut c’est peut-être plus rigolo.
Je n’y perdrai rien par surcroît :
Il est pas drôle à l’endroit.

Au-delà de la boutade, la fascination pour cette posture qui défie les habitudes, et les conditionnements sociaux, qui est à proprement parler « renversante » est réelle et justifiée. Parmi les diverses techniques du Yoga, celle-ci peut être d’une soudaine et puissante efficacité. Les textes sur le Yoga, chargés de symboles, lui prêtent des vertus extraordinaires, de longévité, et de renforcement de la résistance naturelle.

On sait qu’elle provoque des effets puissants bio-mécaniques sur la statique en général. La gravité entraine le corps vers le sol et cette bénéfique inversion aide à replacer le contenu viscéral. Sur le plan énergétique, l’inversion de la polarité habituelle provoque une vivifiante régénération.

Enfin, concernant l’évolution de la personnalité, son ouverture, le fait de ne plus avoir la tête « au-dessus » de toutes les autres fonctions et de ne plus lui donner le rôle directeur, de contrôle, oblige à un certain renversement positif des valeurs habituelles et initie un changement. Le développement de la force des bras et des épaules agit sur la capacité à faire les choses.

Le meilleur argument ? Lorsque l’on a commencé à la pratiquer, on a ensuite du mal à s’en passer. Ce ressenti vaut toutes les demonstrations.

La position immobile, tenue sans effort, en équilibre la tête au sol et les pieds en l’air offre de nombreuse variantes, inversions partielles, équilibres plus ou moins difficiles, et peut être préparée progressivement. Appuis sur les bras, ouverture des épaules et solidité du dos seront les meilleurs garants de l’ineffable bien-être dans cette posture.

L’atelier de dimanche prochain sera l’occasion d’envisager un jour, bientôt peut-être, la posture sur la tête ainsi que des variantes plus accessibles. Le cou peut et doit être protégé par le choix des techniques utilisées. Une grande prudence et du temps sont nécessaires pour aborder cette famille de postures exigeantes.

Bonne pratique et à très bientôt aux Batignolles !